Hellcome on Dreadful!
Hansel & Gretel
Administrateurs
Profil - MP
Quand la mort n'est pas là, les zombies dansent
- Dans ce monde envahi par des créatures plus étranges les unes que les autres, les Zombies avaient décidés de vivre en paix, il y a déjà quelques décennies. Mais le pouvaient-ils vraiment ? Pour ces êtres, la seule présence d'un être au sang chaud créait chez eux une irrépressible envie de viande fraîche ! Le cerveau, organe succulent s'il en est, eut donc tôt fait de menacer la paix qu'ils avaient cherchés à obtenir. C'est alors qu'une décision extrême fut prise : Les Zombies allaient s'exiler sur une île déserte, rien qu'à eux, et vivre en autarcie ! Ainsi fut créée Dreadful, l'île des morts-vivants !


 

Partagez|

Dépendances Nocturnes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Zune De Laudreuil
est mon nom en ces limbes
Voir le profil de l'utilisateur
Infos de baseAge : 353
Profession : Self-destruction, love!
Cerveaux : 62
Localisation : DTC
Fiche RPG
Personnage
Inventaire:
Décrépitude:
100/100  (100/100)
Alignement: Chaotique Neutre
MessageSujet: Dépendances Nocturnes Jeu 25 Juin - 23:28



Je suis vraiment désolée, Uta, mais tu n'es plus de la moindre utilité à présent. Tu étais un amant, quelqu'un ayant su catalyser ma passion... Mais à l'heure actuelle... Tu n'es plus qu'une gêne. J'espère que tu ne m'en voudras pas trop... Saihate, Général Hikizora.

Épuisée. Oui, c'était bien le mot. Je ne savais plus vraiment ce que je faisais... Un peu comme toujours, en fait. Me jetant sur le lit de cette chambre d'auberge miteuse, je mattais le plafond avec des yeux mornes. Qu'avais-je fait ? Quelque chose de mauvais, très surement. Là non plus, rien ne changeait. Je regrettais vaguement Uta, tentant de me souvenir de tous les bons moments passés en sa compagnie.
Uh. Y'en a pas beaucoup.
Comme cette fois où... Ou celle-là où...

" Laissez-moi partir ou j'égorge ce monstre ! "

...Uta... Quel crétin tu étais.

" Pour la simple et bonne raison qu'il ne vaut rien. "

C'était faux. C'est vrai, il n'était pas des plus futés, mais il m'avait semblé voir quelque chose de bien en lui... C'était un adolescent paumé étant mal tombé. Tombé sur moi, tombé sur des marchands d'esclaves. Un gamin volé à Rosaire. Un Humain perdu chez les Yōkai.

" Va le tuer et récupère ton honneur ! "

C'est fait, vous savez. Enfin, il est mort et c'est tout ce qui compte. Mon honneur, je crois, est sauf. Mais je ne souhaitais pas en avoir un, c'est trop de boulot un honneur.

La douleur est passé. Je respire à nouveau normalement. J'avais l'impression de suffoquer, tout à l'heure, c'était terrible. Sin m'a bien expliqué ce que c'était, et peut-être ais-je été stupide de penser que j'y échapperais... La télépathie. Bien sûr, changer quelqu'un en Goule, ça vous mords jusqu'au sang, ça vous transforme, vous aussi, un peu. Je n'arrive pas à imaginer ce qui se serait passé si j'avais, à la place d'Uta, tué Sin il y a bien des années... Impossible. Les caractères trop différents, les circonstances de même. Sin m'avait lamentablement trahit, cette nuit-là, c'est vrai. Tout comme Uta, en fait. Mais étrangement, j'avais pu pardonner à Sin. Pour Uta, cela m'était resté en tête... Le lien n'était peut-être pas assez fort. J'avais éloigné Uta, peut-être peur de ce lien, justement, peut-être pour tuer dans l’œuf cette dépendance qui aurait pu naître entre nous. Pauvre Amélia, si seule... Où était-elle maintenant ? Dire que je ne reverrais plus jamais ce jeune homme aux cheveux caramels.

Mais c'était un con, il faut bien se l'avouer.

Dans ma main gauche, la fiole de sang offerte par Teliia. Je l'avais goûté, comme ça, une miette, sur le bout des doigts puis de la langue... Du poison. Je ne pouvais m'assurer de l'appartenance du sang, mais je savais que la personne l'ayant perdu était morte. Connaissant la Wolfberg, c'était une mise en garde, un moyen de pression. Cela m'avait décidé à agir.

Tap tap tap

Des bruits de coups contre la porte. Quelqu'un toc. Un toc sec, rêche, de ceux qui annoncent que la porte sera bientôt défoncée si on ne se précipite pas dessus pour ouvrir. Je sais déjà qui c'est, je le sens de là, je connais son odeur.
Me relevant d'un coup, me jetant sur la porte aussi vive qu'un éclair, je l'ouvre en grand pour tomber sur un Yōkai immense à l'allure sévère. Ah, salut.
Derrière, un autre, tenant fermement un jeune esclave. On aurait pu croire au portrait craché du jouet de Darkest s'il ne semblait vaguement plus grand en taille et vieux en âge, la vingtaine si pas plus. C'était un Turold 'presque identique' que cela soit les cheveux seulement un peu plus bouclés, les yeux dont un échappait à la similitude en se voulant rouge... Une fausse copie grâce à laquelle je m'étais désabusée d'une espérance vaine, d'une culpabilité rongeante, d'une jalousie consumante. Ses traits étaient tirés, raclés par des décennies de souffrance dans un milieu impitoyable. Les mains attachées, le regard trempé, abattu, j'eus du mal à ne pas réagir. Lorsqu'ils le jetèrent vers moi, je le réceptionnais avant qu'il ne s'écroule.

- Voilà pour l'accord. Teliia souhaite te revoir demain, même heure, sois au même endroit qu'hier soir car tu n'es pas encore tirée d'affaire. Il s'arrêta un instant et lorgna sur l'humain. Pas plus que lui. Ajouta le sbire avant de déguerpir avec son comparse. Je fixais sévèrement droit devant moi jusqu'à ce que je sois certaine qu'ils aient quittés l'auberge, puis ferma fébrilement la porte à clé avant de me retourner vers le sosie.
J'avais été une garce. Je m'en rendais compte, maintenant, et chassais cette apparence de conscience venant me titiller. J'avais mêlé ce petit gars à ça, par jeu certainement, tout comme j'avais tué Uta pour les mêmes raisons. Fallait-il que je passe mes siècles à courir après mes amants ! Pauvre, si pauvre, petite Zune dépendante. La reine des esclaves !
Tenant un rictus cynique au creux de ma poitrine, j'enveloppais la créature du drap du lit, pour calmer ses tremblements glacés. Anthem. C'était le nom que je lui avais donné. Il n'y avait pas de véritable raison à cela, comme pour beaucoup de ceux que j'ai nommé. Je trouvais simplement que ça lui irait bien.
Et lui aurait du mal à me dire le contraire: on lui avait arraché les cordes vocales.

Je le voyais désormais recroquevillé sur lui-même, le visage vide, et je me souvenais d'une époque où j'étais comme lui. Lorsque l'espoir disparait au-delà de l'horizon, il ne reste plus rien sinon l'attente. Je n'étais pas différente de mes oppresseurs si je faisais vivre ce cauchemar à d'autres. Mais il me fallait réellement être comme eux, cela m'éloignait de mes propres peurs. Cette sensation de puissance, elle palliait avec cette certitude d'avoir perdu le contrôle.

Difficile d'ignorer ce que je lui avais forcé à endurer, là-bas. Le corps parlait de lui-même, l'attitude et les manies. Les yeux et les lèvres. La position des doigts, le bruit de la respiration, les odeurs qui l'entouraient. Je ressentais tout cela plus vivement que d'habitude, le temps aidant à deviner ce que l'âme contient. Je savais aussi les Wolfberg cruels avec leurs prisonniers. J'avais vu ce qu'ils avaient fait à Davina.
Et pourtant, je ne ressentais aucune peine.

J'étais la marionnette.
Et personne ne me comprenait.

Celle qui voit, celle qui comprend mais n'éprouve plus. Celle qui est là mais qui n'existe déjà plus. Un nombre incalculable de fois, j'ai tendu la main, hurlant au secours. Mais mon appel demeure sourd. Personne, je dis bien personne, ne sauras ce que j'endure. Ces sensations disparues mimiquent des relations dans ma tête. Je perds ma vie, je perds ma fille, et la douleur n'est pas là. Je cherche à me venger, à me tuer, désespérée de ne pas avoir assez souffert pour savoir son deuil achevé.
La Vampire sans sensations. L'immortellement perdue.

Sin souffre. Sin vit. Ce mort est mon passe vers le monde des vivants. Être près de lui me permet d'exister, lui voler ses émotions. Mais cela ne dure qu'un temps et sa présence me devient vite insupportable. Sin est utile, mais à petite dose. Trop envahissant.

- Quelle mauvaise chance d'être tombé sur moi. Je bredouilles, idiote. Je me penche vers l'humain, je le mords, je bois. J'ai soif. Ça, c'est une sensation qui ne peut pas disparaître... Je l'espère. Je me concentre dessus, je sens le liquide pourpre couler dans ma gorge, emplir ma poitrine d'une agréable chaleur. Je me desséchais. J'en avais besoin. Je le tuerais bien si son odeur ne m'étais pas autant agréable. Cela fait des mois que je la connais, elle m'est réconfortante.
Impossible d'être à satiété, noyée dans cette douceur. Cela fait si longtemps que je n'ai pas trouvé refuge en quelqu'un. De sa gorge, tout m'apparait. J'entends son souffle, je sens la texture de sa peau. Ses pensées se dévoilent lentement. Il ne tremble pas mais je sais déjà qu'il n'a pas peur. Il est calme, presque apaisé. Certainement pas habitué à être ainsi malmené, mais le drainage est une activité qui le soulage, qui le rappelle à ses habitudes. Les tortures qui lui furent infligées.

Ses vêtements sont déchiquetés, il empeste le sang. Celui qui coule de sa trachée, celui qui s'écoule de ses blessures. Une odeur infecte, celle du pu bouillonnant sur la chair. Je ne regarde pas sous le drap, désormais tâché. Je connais ses avant bras marqués par les aiguilles du siphon.
Mais, avec un peu de volonté, il ressemblera très certainement à l'Ennemi. Surement pourra-t-il se faire passer pour Turold. Un rouage de plus dans un plan insensé auquel plus personne ne croit. Un sacrifice abandonné, ignoré de tous. Cette ressemblance qui lui a épargné la mort, celle qui le force à vivre un moment de plus dans un monde décimé. Je connais ce principe tordu. Moi aussi, je l'ai haïs, comme lui le haït. Mais il est jeune, il apprendra qu'on peut bien se venger du monde entier pour ce qu'il nous inflige.

Son souffle faibli, je ralentis, le serre lentement contre moi. Sa chaleur me rassure. Trois siècles et demi, et j'ai encore besoin d'une peluche. Je l'observe, il ne réagit presque pas. Le visage a été blessé, un hématome gonfle la pommette sous l’œil et les lèvres sont déchirées. Une coupure nette, juste sous l'implantation des cheveux, elle est profonde et sale. Je me lève et va chercher de quoi le soigner.

Accolé à la chambre se trouve une petite salle de bain. Je finis par y trouver une bouteille d'alcool fort, cachée dans un placard. Un chiffon fait office de coton. Il n'y a pas de médicaments dans le pays des morts.
Un vague sursaut à chaque fois que j'applique le chiffon trempé d'alcool. J'en ait renversé sur le sol, j'ai les genoux qui trempent dedans. Une grimace sur la blessure nauséabonde à son épaule. Le drap a attrapé une teinte jaunâtre.
Il y a la journée à tuer. Les volets clos, dans un clair-obscur, je me concentre sur un visage que je n'ai pas envie de regarder. J'hésite quant à demain. Je me demande ce que fait Sin. Il n'était pas censé venir ici, pas avec moi. Il est en danger, je ne supporterais pas de le perdre. Et Nataku... Que fais la fille de ma sœur ici ? Bien sûr ! Il m'avait mise en garde... Je n'avais pas pris ses menaces au sérieux... Ou plutôt, je m'en étais fichue.
Maintenant, c'était trop tard. La guerre recommençait. Sa mort en jeu et nous deux nous battant. Comme au bon vieux temps. Je sais que la vengeance sera terrible. Peut-être tuera-t-elle Sin, si je suis chanceuse. Peut-être mourra-t-elle en essayant de régler son compte à Onikage, si le destin en choisit autrement. Les conséquences, en tous les cas, seraient catastrophiques. Mais avais-je le choix ? J'étais lancée, et revenir en arrière me reprojeterais dans les souvenirs de ces yeux bleutés. Ruko...

Que faisait ma famille à l'heure actuelle ? Ma sœur internée... Elle me manquait. Izzy saurait très certainement quoi faire. Elle saurait ramener son enfant à la raison. Mais j'étais seule ici, et personne ne souhaitait jouer dans le même camp que le mien. Sauf lui. Lui, il ne compte pas. Tant pis, dommage. Cela signifie bien que je suis toute seule. Lui, Anthem, est là en victime, est là en pion. Il mourra certainement pour la cause s'il survit assez longtemps pour cela. Il le sait, bien sûr. Sinon il n'aurait pas été le premier à l'accepter lorsque Teliia me le réclama en garantie. Son regard est fuyant, rien d'étonnant pour un futur sacrifié, mais cela reste touchant quand même. Son menton entre mon pouce et index, je lui redresse la tête.

- Tu ne ressentiras pas la douleur. Je le lui promets, c'est tout ce que je peux faire dans mon égoïsme. Je l'achèverais vite, moi-même, et il n'auras pas mal. Me relevant avec difficulté, j'ouvre les différentes armoires de la chambre d'hôtel. Là, flanqués en vracs, se trouvent de nombreux déguisements. Turold a quelque peu changé depuis l'époque où je m'occupais moi-même de sa garde-robe, mais je trouve de quoi simuler son style vestimentaire sans la moindre difficulté. Rapportant la tenue sur le lit, l'étalant de manière à bien visualiser la chose, je regarde le pion puis les fringues. Le pion puis... Les cheveux, trop fins, trop plats, trop courts. Il faudra travailler cela. L'odeur, également, n'est pas du tout la même. Lui sent le sang, Turold sent le garou. Que faire pour changer l'odeur d'une personne ? L'odorat de Kenneth sera-t-il toujours performant ? Non, il fallait que je vole les vêtements de Turold, ainsi l'odeur serait la même. Des vêtements portés.
Demander à Sin.

Dans un rôle muet, après un peu de grimage, Anthem fera un parfait acteur. L'illusion ira le temps d'une tentative d'assassinat, le temps d'un meurtre. Si cela marche, je pourrais aussi m'en servir pour liquider la pétasse de l'autre coup. Je déteste l'idée de savoir Turold avec une fille. Ce gars, d'aussi loin que je m'en rappelle, est gay. S'il devait être avec une femme, il serait avec moi. Il ne l'a jamais été, ça n'est pas pour tomber sous le charme de la première conne venue. Si je devais suivre les plans d'une cinglée, autant régler cela au passage.
Il souriait. Reconnaissant de la promesse, je le vis esquisser un sourire. Un peu décontenancée, je ne remarquais pourtant pas l'horreur de la chose. Mourir sans prendre son temps est quelque chose de précieux, je serais aussi heureuse d'apprendre une telle nouvelle. Après tout, ne suis-je pas morte deux fois ?
Aucun remords en lui, il ne regrettera pas d'avoir détruit la vie de Turold. Je l'avais déjà remarqué, il n'avait pas d'âme. Celle-ci s'abîme souvent lorsque les épreuves sont trop dures à traverser. J'étais satisfaite car cela signifiait qu'il m'assistera jusqu'au bout. J'avais besoin de quelqu'un de dévoué.

Usant des souvenirs accumulés durant ces vingt dernières années, je lui appris à se mouvoir comme le garçon. Ses mimiques, ses tics, tout y passa. Turold était un garçon fragile et introverti, il baissait souvent les yeux mais semblait plein de vie. Une innocence pure, difficile à simuler. Elle le sera pourtant. Turold était bon. Pour lui, la mort et la destruction ne devrait exister. Il fallait enseigner cette compassion à Anthem pour qu'il puisse faire semblant de l'éprouver. Les idéaux totalement idiots d'un garçon qui était selon lui trop bien traité pour un esclave. Les convenances, ça aussi c'était un truc à la Turold. Il fallait respecter son rang et celui des ordres pour être respecté. Il fallait encaisser et toujours recevoir avec le sourire, que cela soit une récompense ou des coups. Une logique malade, écœurante, mais qui lui appartenait. Celle d'aimer passionnément ses maîtres. Anthem n'aimait pas, Anthem n'haïssait pas. Pourtant, il devra faire semblant pour lui ressembler.
Pendant que je lui parlais, d'un ton de confidence, racontant sa mission à venir, j'agitais un pinceau de maquillage sur ses joues pour cacher l'hématome. Lorsque le crépuscule surgira, nous aurons une doublure.
Il restait à imiter le sceau de Philipé et les arabesques les recouvrant. Je le fis, de mémoire, surement ce qui sera le moins correcte de tout ce factice. Pour la marque des De Laudreuil, je doutais qu'elle ait un quelconque intérêt, me doutant que le dos de Turold n'était pas quelque chose que Kenou ait eu le temps d'apprécier. Je la lui fis quand même, pour ne rien risquer. Il se plia en deux, le visage crispé par la douleur, lorsque je lui créait la brûlure. Il s'en remit vite, aussi nous continuèrent.

- Si tu réussis, je te changerais en Vampire. Je dis cela entre deux mèches à coiffer, pour meubler la conversation. Belphégor étant mort, ainsi que Sin, et Uta désormais parti pour toujours, je ne pouvais m'empêcher de penser que ça ne serait pas un mal de tenir cette promesse. Je n'avais plus de novices sinon Luce, à qui je parlais à peine et cela une fois tous les quatre à six mois ainsi qu'Amber, qui ne daignait plus me voir. Je souhaitais un novice obéissant et malléable, et c'est ce qu'était Anthem. Il deviendrait certainement un très beau Vampire, sa peau prenant la couleur du marbre, ses yeux brillant ainsi que le rubis et l'onyx. Je voyais déjà ses fins doigts dont les ongles deviendraient cristaux. Cela serait un apport en beauté à notre race entière, quel dommage qu'il fut si assisté. Un Vampire incapable de se débrouiller seul, obligé de danser dans ma main.
C'était, en quelque sorte, une plutôt bonne idée et j'étais fière de l'avoir trouvé toute seule.

Omnibulée par mes pensées, je n'avais pas fait attention à sa réaction. Peut-être aurais-je pu avoir un aperçu de ce qu'il en pensait. L'idée devait, sans doute, lui avoir fait un choc. Quel esclave tombé si bas s'imaginerait grimper si haut ? Brisant ses chaînes, j'appliquais une couche de fond de teint sur ses poignets pour en cacher les croûtes. La chair était creusée et pourrie, il détourna la tête, c'était difficile à supporter.

- Demain. Les dés sont jetés, voyons ce que le sort nous réserve. Désespoir ou victoire. Peut-être les deux. Je ris, enfantine. Finalement, mon séjour en Dreadful est bien plus distrayant que ce que j'imaginais.

_________________


Beneath the stains of time
The feelings disappear
You are someone else
I am still right here
Revenir en haut Aller en bas
http://our-lands.monempire.net/
avatar
Zune De Laudreuil
est mon nom en ces limbes
Voir le profil de l'utilisateur
Infos de baseAge : 353
Profession : Self-destruction, love!
Cerveaux : 62
Localisation : DTC
Fiche RPG
Personnage
Inventaire:
Décrépitude:
100/100  (100/100)
Alignement: Chaotique Neutre
MessageSujet: Re: Dépendances Nocturnes Sam 27 Juin - 14:21


Alors il allait... Tuer ? La pensée se faisait plus précise en son esprit alors qu'il tentait difficilement de l'assimiler. Les gestes, la mascarade. Il s'agissait de jouer un jeu, lui qui n'avait jamais rit. Un rôle, incarner quelqu'un d'autre, ne plus être celui qu'il était. Disparaître, mourir un peu, enfin. En échange, une fin sans souffrances, un espoir qu'il chérissait depuis si longtemps. Depuis des années, il rêvait d'enfin ne plus supporter ce calvaire qu'était l'existence. Il lui semblait qu'une chaleur envahissait son corps alors qu'il imaginait enfin son agonie terminée, un petit sourire aux lèvres.
Bien sûr, il incarnera son rôle sans erreurs. Il respectait les ordres. Blesser, détruire, tant pis. Il ne souhaitait pas spécialement faire le mal, mais il fallait qu'il se concentre sur sa survie à lui. Les autres pouvaient mourir, tant que lui ne souffrait plus. S'il pouvait vivre sans mal, ou mourir sans larmes, cela lui convenait, qu'importe le prix que les autres paieraient pour cela. L'Esclave était déjà reconnaissant de pouvoir prouver son dévouement et surtout d'obtenir une récompense, il n'allait pas en plus s'attarder sur des histoires de conscience.

Il était plutôt heureux de revoir sa maîtresse actuelle, tout compte fait. Ça n'était pas qu'il éprouvait pour elle une quelconque affection, mais que revoir un visage familier l'apaisait. Son séjour en Rosaire n'avait pas été des plus plaisants mais rien d'assez nouveau pour l'user d'avantage. Il avait encaissé les divers amusements malsains des geôliers chargés de lui apporter de quoi survivre, que cela soit les coups ou les viols. Survivant mais les yeux éteints, il n'avait fait qu'attendre que le temps passe, comme il le faisait habituellement. Quelque part dans son esprit, il y avait un lieu où il n'existait plus. C'est ce lieu dans lequel il se réfugiait lorsque cela devenait trop dur, ce lieu dans lequel il vivait depuis des années maintenant. La réalité n'était plus qu'un cauchemar qu'il se contentait d'observer sans vraiment y croire.
L'autre promesse, il n'en tint pas compte. Devenir un Vampire ? C'était une blague, assurément. Personne ne ferait un tel effort pour un esclave cassé. Et si c'était vrai ? Eh bien, ça ne l'était pas, c'est tout. Évidemment, elle avait déjà fait de nombreuses fois preuves de bonté, n'était-ce que ce jour où elle avait décidé d'acheter un esclave bon à jeter, de le soigner et de le guérir, pour qu'il soit correctement capable de répondre à ses ordres. Il lui en était reconnaissant, bien sûr, sans elle, qui sait combien de temps il aurait encore tenu dans ce mouroir, attendant une fin qui ne venait pas, enchaîné sans jamais pouvoir bouger ? Mais elle se moquait de lui avec cette promesse, ils étaient bien trop différents pour que la barrière soit franchie.
Son corps s'était rappelé à lui, il aurait préféré l'éviter. D'instinct, il savait que celui-ci, heureusement, ne tiendra plus longtemps. Jusque là, il essayait d'ignorer la douleur. Il avait eu les os brisés, ressoudés comme ils le pouvaient en l'absence de soin, ça n'était pas la gangrène qui lui faisait peur et encore moins une bouteille de désinfectant. L'odeur de pourriture, par contre, le gênait un peu plus mais son odorat était détruit par ces années dans le mouroir, aussi était-elle supportable comparée à cette époque.

Il n'arrivait pas à tout assimiler. Les descriptions des visages, les gestes à avoir... Trop de choses à retenir pour sa pauvre petite tête, qui faisait rarement un tel exercice mental. Il se forçait, pourtant, craintif à l'idée de rater sa mission et d'être torturé, ou pire, revendu, en punition. Le jeu d'acteur ne sera certainement pas parfait, mais il fera de son mieux et bien plus.
C'était simple, pourtant, il se devait de duper le Zombie, de faire semblant de vouloir l'assassiner alors qu'il sera grimé sous les traits d'un Lycanthrope, ami avec ce dernier. La querelle déclenchée, il devra s'enfuir aussi vite que possible car il y avait une fille à retrouver.
Une demoiselle, à en croire sa maîtresse, tout de bleu faite, qu'il fallait également martyriser au nom de ce Turold. Inutile de se demander ce qu'avait fait ce Lycanthrope pour mériter autant d'acharnement, mais ça ne devait pas être très beau à savoir.

Trois vies contre sa mort.
Soulagé d'être enfin libéré de ses chaînes, il enfila les vêtements avec un peu de maladresse, son corps en dénutrition répondant mal à ses gestes. Fatigué, également, il lui était difficile d'être au mieux de ses aptitudes. Il n'avait plus dormi depuis plusieurs nuits, ses bourreaux s'efforçant à le garder éveillé pour le voir perdre la raison. Hors, il est difficile de perdre ce que l'on a pas et tout ce qu'ils y avaient gagnés, c'était de lui ajouter quelques cernes sous le regard. Si on le laissait se reposer avant de partir accomplir l'ordre, cela serait parfait, mais il n'osait pas en demander autant. De toute manière, il lui était plutôt difficile de communiquer, ne sachant écrire et ne pouvant parler. C'était à sa maîtresse actuelle de s'en rendre compte ou non, à elle de décider s'il était nécessaire qu'il dorme et mange avant de forcer une fois de plus sur ce qui lui restait d'aptitudes.
Revenir en haut Aller en bas
http://our-lands.monempire.net/

Dépendances Nocturnes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Combats nocturnes
» C'est comme un parfum de nocturnes qui aurait le goût des levers du jour - PV
» Apprentissages Nocturnes
» Mario Andresol propose des patrouillles nocturnes spéclalisées contre le crime
» Ivresse nocturne

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dreadful ; Zombies & Autres Décédés :: Le Village :: Zone Résidentielle :: Auberge du Rappel-