Hellcome on Dreadful!
Hansel & Gretel
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Quand la mort n'est pas là, les zombies dansent
- Dans ce monde envahi par des créatures plus étranges les unes que les autres, les Zombies avaient décidés de vivre en paix, il y a déjà quelques décennies. Mais le pouvaient-ils vraiment ? Pour ces êtres, la seule présence d'un être au sang chaud créait chez eux une irrépressible envie de viande fraîche ! Le cerveau, organe succulent s'il en est, eut donc tôt fait de menacer la paix qu'ils avaient cherchés à obtenir. C'est alors qu'une décision extrême fut prise : Les Zombies allaient s'exiler sur une île déserte, rien qu'à eux, et vivre en autarcie ! Ainsi fut créée Dreadful, l'île des morts-vivants !


 

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S'ennuyer comme un rat mort

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Jude McGregor
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MessageSujet: S'ennuyer comme un rat mort Lun 26 Oct - 20:58

Il suffoquait.
Ses mains crispées contre sa gorge, il tentait vainement d’insuffler un peu d’air à ses poumons, mais seule l’eau parvenait encore à pénétrer son gosier pour venir emplir cet organe se noyant peu à peu.
Il avait mal, ses yeux exorbités fixés sur la lumière du soleil disparaissant au fur et à mesure qu’il coulait, teinte informe lui cramant la rétine. Sa poitrine le brûlait, chaque centilitre de liquide ingurgité semblant prodiguer une nouvelle salve de douleur sourde.
Il ne voyait plus, distinguait à peine au travers de la vase coulant sur son regard s’éteignant lentement.
Il criait, mais seules quelques bulles d’air s’élevaient jusqu’à la surface de l’étendu aqueuse dans laquelle il s’était jeté, unique réponse à sa plainte solitaire.
Doucement, il sentait l’oxygène déserter son cerveau et, alors qu’il tendait une dernière fois sa main vers la fine lumière encore visible à la surface, se laissa sombrer dans la douceur de l’inconscient.
Plus de douleur, plus de peur, simplement : le néant.


Jude se réveilla en sursaut, son regard terne scrutant l’horizon à la recherche de ce qui avait bien pu l’alerter, avant de sentir son rêve refluer et se laisser choir en grognant de mécontentement.
Voilà fort longtemps qu’il n’avait plus rêvé de sa mort, au moins une décennie, et cela ne lui avait étrangement jamais manqué.
Sa peau moite, pourri par endroit, collait aux feuilles sur lesquelles il avait choisi de s’assoupir, mais il n’en avait que faire, désormais.
Exit son envie de garder forme humaine malgré les dégâts irréparable causer par son choix de mort, il avait depuis longtemps compris qu’il n’était plus l’un des leurs. Qu’il ne le serait plus jamais.
Lui, autrefois si beau, incube adolescent, ne ressemblait plus du tout à ce qu’il était censé être. Même si ses parents, ceux qui le furent, se retrouvaient face à lui, aujourd’hui, il n’était pas sûr qu’ils soient capables de le reconnaitre.
Lui non plus, dalleurs, ne parviendrait à les reconnaître, mais pour une toute autre raison : il ne parvenait à se remémorer leurs visages.
Parfois, dans ses rêves, il lui semblait les apercevoir, mais leurs traits s’effaçaient dès le réveil.
S’était en partie pour ça, pour revivre ces moments passés, que Jude persistait à dormir malgré l’inutilité de la chose.
C’était là qu’il était le plus humain : dans ses rêves.
Grognant une fois de plus, ses cordes vocales en partie rongé par les vers ne lui permettant que très difficilement de faire une phrase complète, il se décida finalement à se relever.
Ses membres morts étaient ankylosés, ne parvenant que très sommairement à le maintenir debout sans manquer de se scinder en deux, mais il n’en avait que faire. Il savait que, comme nombre des siens avant lui, le temps lui était compté. Peu à peu, il ne resterait de lui que des os.
Il était fort probable, dalleurs, que s’il n’était pas mort noyé, et que sa peau n’avait pas gardé ces séquelles, il ne serait depuis longtemps déjà plus qu’os blanchi par la chaux.
Mais son épiderme spongieuse semblait ne pas vouloir quitter son corps aux organes depuis plusieurs décennies déjà bouffé par les insectes et autres être anthropophage. Les autres Zombies, par exemple.
Il détestait sa vie, mais ne parvenait pas à se souvenir pourquoi. Voilà trop longtemps qu’il vivait ainsi et ne se souvenait plus de sa vie d’avant autrement que dans son sommeil.
Malgré ça, il sentait en son for intérieur que chaque jour qui passait n’était pas comme il aurait souhaité qu’il soit. Bien qu’il aurait été incapable de formuler le moindre souhait, même mental.
Il se contentait alors d’errer sans but, d’un bout à l’autre de l’île, croisant parfois l’un ou l’autre de ses congénère ou, lorsqu’il avait de la chance –ou pas, selon son ancien lui-, un être extérieur à l’île venu jouer les en-cas.
Il s’ennuyait à mourir.
Sauf qu’il était déjà mort.
Il en aurait bien pleuré.
Mais même ça, il ne savait plus le faire.


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